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Les cinq capitaux invisibles : la richesse que le PIB ne sait pas voir

Nous jugeons encore largement la réussite d’une société à partir de ce qu’elle produit et consomme chaque année. Le produit intérieur brut mesure ces flux économiques. Il comptabilise les biens et services échangés, mais dit très peu de choses sur l’état des fondations qui permettent à cette activité de continuer.

Une économie peut afficher de la croissance tout en épuisant ses travailleurs, en dégradant ses sols, en laissant vieillir ses infrastructures, en perdant ses savoir-faire ou en affaiblissant ses institutions. Le cercle vicieux c’est que le PIB augmente parfois précisément parce qu’il faut réparer les dégâts : reconstruire après une inondation, traiter davantage de maladies évitables ou remplacer prématurément des équipements mal entretenus.

Pour évaluer une politique publique sérieusement, il faut donc regarder au-delà des flux monétaires et examiner l’évolution de cinq capitaux : humain-social, naturel, physique, productif et institutionnel.

Ces capitaux sont « invisibles » dans les comptes traditionnels, mais ils soutiennent toute la richesse réelle, la capacité de résilience. Les préserver ne suffit d’ailleurs plus toujours : lorsqu’ils sont déjà dégradés, il faut les régénérer. Les mesurer c’est déjà améliorer les choses, mais attention à ne pas tomber dans le piège de la financiarisation : cette évaluation ne doit pas servir à créer un actif capitalisable, monétisable et échangeable. Un capital invisible devrait rester régional et sous la gouvernance de sa population locale, et pour son propre compte.

Voir au-delà du PIB Pour évaluer une politique publique sérieusement, il faut examiner l’évolution de cinq capitaux : humain-social, naturel, physique, productif et institutionnel. Lorsqu’ils sont déjà dégradés, les préserver ne suffit plus : il faut les régénérer.
Capital humain-social

1. Capital humain-social

Une société dans laquelle les citoyens sont formés, en bonne santé et capables d’agir collectivement dispose d’une force économique considérable, même si celle-ci n’apparaît pas directement dans le PIB.

Ce capital se dégrade lorsque les travailleurs s’épuisent, lorsque l’accès à l’éducation devient inégal, lorsque les métiers essentiels perdent leurs compétences critiques ou lorsque la méfiance fragilise la coopération.

Exemple de bonne pratiqueFinancer durablement la formation professionnelle, la santé préventive, la transmission des savoirs et les espaces de participation.
Contre-exempleLancer un vaste programme de rénovation sans disposer des techniciens nécessaires : les budgets sont annoncés, mais les projets sont retardés, les coûts augmentent et la confiance se dégrade.

2. Capital naturel

L’économie ne produit ni l’eau, ni la fertilité des sols, ni la stabilité du climat. Elle utilise ces conditions préexistantes, souvent comme si elles étaient gratuites et illimitées.

Lorsqu’une agriculture épuise les sols pour accroître ses rendements immédiats, elle transforme une partie de son capital naturel en revenu courant. Le capital naturel doit être suivi comme une infrastructure vitale.

Exemple de bonne pratiqueRémunérer et mesurer la restauration des fonctions écologiques : couverture permanente des sols, réduction des intrants, diversification des cultures et restauration de la matière organique.
Contre-exempleSubventionner uniquement le volume produit sans mesurer l’érosion, la qualité de l’eau ou la dépendance aux engrais importés.
Capital naturel
Capital physique

3. Capital physique

Le capital physique regroupe les bâtiments, routes, réseaux électriques, transports collectifs, aqueducs, égouts et équipements publics. Leur valeur dépend aussi de leur état, de leur utilité et de leur capacité à rester opérationnels sous contrainte.

Construire davantage n’augmente pas automatiquement la richesse réelle. Une infrastructure robuste doit être entretenue, adaptable et suffisamment redondante.

Exemple de bonne pratiqueSoumettre chaque grand projet à une analyse de capacité cumulative et de résilience avant son autorisation.
Contre-exempleÉvaluer chaque projet isolément en supposant que les réseaux pourront absorber la croissance : dix décisions acceptables séparément peuvent produire collectivement une saturation majeure.

4. Capital productif

Le capital productif désigne les outils, les technologies, les ateliers, les chaînes d’approvisionnement, les procédés et les savoir-faire permettant de produire les biens et services essentiels.

La souveraineté ne signifie pas tout produire localement. Elle suppose d’identifier ce qui est critique, de diversifier les approvisionnements et de conserver une capacité minimale d’action, de réparation et d’adaptation.

Exemple de bonne pratiqueSoutenir des filières locales dans les domaines essentiels, développer la maintenance, le réemploi et la transformation des matières.
Contre-exempleSubventionner la consommation d’un équipement importé sans développer les compétences, les pièces et les capacités de réparation correspondantes.
Capital productif
Capital institutionnel

5. Capital institutionnel

Le capital institutionnel réunit les lois, les administrations, les mécanismes de contrôle, la justice, la qualité de l’information et la confiance dans les règles du jeu. C’est l’infrastructure politique de la société.

Une bonne politique dépend de sa capacité à survivre aux alternances, aux pressions particulières et aux crises. Le capital institutionnel se renforce lorsque les citoyens comprennent les décisions et peuvent en vérifier les résultats.

Exemple de bonne pratiqueInscrire les objectifs durables dans la loi, attribuer clairement les responsabilités, garantir les ressources d’exécution et publier des indicateurs vérifiables.
Contre-exempleAnnoncer une cible à vingt-cinq ans sans jalons intermédiaires, financement stable ni mécanisme correctif.

Faire progresser les cinq capitaux ensemble

Ces cinq capitaux ne sont pas indépendants. Restaurer les sols exige des compétences et des institutions. Moderniser un réseau électrique nécessite des infrastructures, des entreprises capables de les construire et la confiance des communautés.

Une mesure n’est donc pas régénérative parce qu’elle améliore un indicateur isolé. Elle le devient lorsqu’elle produit une progression cohérente des cinq capitaux — ou lorsqu’elle évite au minimum d’en sacrifier un au bénéfice d’un autre.

La bonne question n’est plus seulement : « Combien cette politique rapporte-t-elle ? » Elle devient : « Que laisse-t-elle derrière elle ? »

Une autre façon de mesurer la richesse

Avec son approche expérimentale de Comptabilité Élargie de la Valeur, l’Institut d’Écohérence cherche à rendre visibles ces arbitrages. L’objectif n’est pas de remplacer les comptes financiers, mais de les compléter pour que les décisions prises aujourd’hui ne soient plus financées silencieusement par les générations de demain.

#Quebec2026   #Ecoherence   #Resilience   #PolitiquesPubliques
matrice de transition vers l'écohérence

Une promesse électorale, ça s’évalue. Voici avec quoi.

On aime beaucoup une promesse électorale le jour de l’annonce, et on la revérifie rarement le jour où elle devait produire un effet…
Après les neuf leviers qui cartographient les vulnérabilités du Québec (voir notre série précédente), l’Institut d’Écohérence propose la deuxième dimension de sa grille : dix attributs pour évaluer n’importe quelle promesse, dans n’importe quel programme, indépendamment de la couleur du parti qui la porte.
Ce ne sont pas des critères d’opinion. Ce sont des filtres factuels, qui séparent une intention d’un mécanisme, et chacun mérite qu’on explique pourquoi il compte pour la vision qu’on essaie d’atteindre : des politiques qui protègent réellement l’avenir, pas seulement des politiques qui en parlent bien.

Le principe Ces dix attributs ne jugent pas l’intention politique. Ils testent la solidité d’une promesse : son diagnostic, sa durabilité, son ambition, ses moyens, son exécution et sa capacité à produire des résultats vérifiables.
Attribut 1 — Diagnostic du problème

1. Diagnostic du problème

On ne répare pas ce qu’on n’a pas nommé correctement. Une mesure électorale qui traite un symptôme sans identifier la cause réelle produit un soulagement temporaire pendant que le problème continue de s’aggraver sous la surface.

C’est le premier filtre de la grille : avant de juger l’ambition, le financement ou les indicateurs d’une promesse, on vérifie si elle repose sur un diagnostic exact. Empêcher ce qui nuit au futur commence par voir juste, pas par agir vite.

Exemple d’approche inadéquate Plafonner les loyers sans avoir établi si la crise du logement vient d’abord de la pénurie, de la spéculation, ou des deux.

2. Verrou systémique

Une réforme qu’on peut défaire en un mandat est un sursis. Cet attribut demande si une mesure impose un changement structurel au-delà d’une décision administrative réversible au prochain changement de gouvernement.

Ce qui est en jeu, c’est la différence entre un acquis et une intention. Protéger le futur, c’est verrouiller ce qui a été gagné dans la loi, dans les infrastructures ou dans les institutions, pas seulement dans un communiqué de presse.

Exemple d’approche inadéquate La gratuité du transport en commun financée par une ligne budgétaire annuelle plutôt qu’inscrite dans une loi ou une formule de financement récurrente.
Attribut 2 — Verrou systémique
Attribut 3 — Solution régénérative

3. Solution régénérative

Ne pas nuire n’est pas suffisant : il faut régénérer, c’est-à-dire laisser le temps aux ressources et aux capitaux invisibles de se reconstituer. La question est simple : la mesure restaure-t-elle réellement un capital, ou ralentit-elle seulement sa destruction ?

Ralentir l’épuisement d’un sol, d’une compétence ou d’une institution n’est pas la même chose que le régénérer activement. Une grille sérieuse doit distinguer la gestion du déclin d’une transformation réelle.

Exemple d’approche inadéquate Réduire de 20 % l’usage de pesticides plutôt que financer une transition agricole qui restaure durablement la santé des sols.

4. Ambition / transformation

Une mesure qui vise un changement marginal ne modifiera jamais une trajectoire qui nuit au futur. L’enjeu est de savoir si elle change réellement quelque chose à l’échelle du problème ou si elle soigne seulement les apparences.

Les crises climatique, démocratique et institutionnelle ne se résolvent pas par une accumulation de micro-ajustements. La grille pénalise donc l’incrémentalisme déguisé en action lorsqu’il ne modifie pas la direction de fond.

Exemple d’approche inadéquate Présenter 200 autobus scolaires électriques sur un parc de 10 000 comme « la transition énergétique du Québec en marche ».
Attribut 4 — Ambition / transformation
Attribut 5 — Financement & faisabilité

5. Financement & faisabilité

Une promesse sans financement crédible reste une intention. Cet attribut vérifie si les chiffres tiennent et si les moyens réels existent pour transformer l’annonce en action.

Empêcher ce qui nuit au futur exige des ressources, pas seulement des convictions. C’est aussi l’attribut qui oblige à parler de priorités : on ne peut pas tout financer en même temps.

Exemple d’approche inadéquate Annoncer « 3 milliards $ pour le logement abordable » sans préciser d’où vient l’argent ni selon quel échéancier il sera engagé.

6. Mise en œuvre & capacité

Le mécanisme est-il clair ? Qui l’exécute, avec quelles ressources et dans quel délai ? Cet attribut ferme la porte aux mesures séduisantes qui n’ont aucun chemin d’exécution réaliste.

Sans capacité de mise en œuvre, une ambition régénérative reste un vœu pieux. Le financement dit si les moyens existent ; la mise en œuvre dit si quelqu’un sait concrètement s’en servir.

Exemple d’approche inadéquate Promettre d’embaucher 1 000 nouveaux enseignants en un an alors que les capacités de formation ou le bassin de candidats ne permettent pas de les recruter.
Attribut 6 — Mise en œuvre & capacité
Attribut 7 — Horizon temporel

7. Horizon temporel

Une mesure qui ne produit ses effets qu’après plusieurs cycles électoraux risque de ne jamais être protégée par personne. Cet attribut demande des résultats visibles à 2, 5 et 10 ans, pas seulement une cible lointaine.

Sans jalons intermédiaires, le futur reste un slogan que le prochain mandat peut ignorer sans coût politique. Une transformation crédible doit montrer des premiers résultats avant même la fin du mandat qui l’a lancée.

Exemple d’approche inadéquate Une cible de carboneutralité en 2050 sans jalon vérifiable à 2028, 2031 ou 2035.

8. Citoyens & appropriation

Une réforme que les citoyens ne comprennent pas ne survivra pas au premier changement de gouvernement. Cet attribut demande si les gens y gagnent un bénéfice direct et compréhensible.

Sans appropriation citoyenne, il n’y a pas de verrou politique durable. Protéger le futur passe par des gens qui défendent une mesure parce qu’ils en comprennent les effets concrets sur leur quotidien.

Exemple d’approche inadéquate Expliquer une réforme de la fiscalité municipale uniquement comme une « révision du cadre de péréquation » sans dire ce que cela change réellement pour les citoyens et les municipalités.
Attribut 8 — Citoyens & appropriation
Attribut 9 — 5 capitaux renforcés

9. 5 capitaux renforcés

Une mesure qui renforce un capital en détruisant un autre ne constitue pas un progrès : elle déplace le problème. Cet attribut vérifie que les cinq capitaux — naturel, physique, productif, humain/social et institutionnel — progressent ensemble.

La richesse réelle d’un territoire dépasse ce que captent les indicateurs économiques usuels. La confiance, les compétences, les écosystèmes et la solidité des institutions soutiennent eux aussi durablement l’économie.

Exemple d’approche inadéquate Électrifier une mine de lithium tout en déplaçant une communauté sans consultation ni compensation : le progrès d’un capital se fait alors au détriment d’un autre.

10. Mesure & indicateurs

Une politique qu’on ne peut pas mesurer ne peut être ni défendue ni corrigée. Sans indicateurs de suivi, « régénératif » et « protéger le futur » restent des mots qu’on peut utiliser dans n’importe quel discours.

Cet attribut ferme la boucle : mesurer, comparer, corriger et rendre compte. Les effets réels doivent être confrontés à une cible, publiés et utilisés pour ajuster l’action.

Exemple d’approche inadéquate Annoncer une stratégie de biodiversité sans indicateur public permettant de vérifier, cinq ans plus tard, si les milieux naturels protégés ont réellement progressé.
Attribut 10 — Mesure & indicateurs

Ce qui relie les dix attributs

Aucun attribut ne suffit à lui seul. Une mesure bien financée mais sans verrou systémique peut disparaître au mandat suivant. Une mesure ambitieuse mais sans indicateurs ne pourra jamais être défendue ni corrigée.

Ensemble, les dix attributs cherchent une cohérence durable : freiner ce qui nuit, accélérer ce qui est bénéfique et régénératif, et vérifier que l’effet réel suit l’intention annoncée.

La question devient : « Est-ce que cette promesse tient sur les dix points qui font la différence entre une réforme et un communiqué de presse ? »

Les deux dimensions de la matrice

Les neuf leviers disent où regarder. Les dix attributs disent comment juger ce qu’on y trouve. Ensemble, ils forment une grille complète d’analyse des promesses électorales.

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Élections 2026 : et si on lisait un programme électoral par ses failles, pas par ses promesses ?

On juge presque toujours un programme électoral par ses annonces, ses montants et son échéancier. Cette lecture est légitime, mais elle dit rarement ce que le système est réellement capable d’encaisser. L’Institut d’Écohérence propose une autre grille : neuf leviers pour regarder la résilience, la régénération et la capacité collective à protéger le futur.

Le principe directeur Empêcher ce qui nuit à l’avenir et privilégier ce qui régénère, plutôt que ce qui se contente de ralentir la dégradation.
Levier 1 — Énergie : comparaison entre un réseau fragile et un réseau énergétique redondant et résilient.

1. Énergie

Un système énergétique qui ne pense qu’en croissance de l’offre est fragile par construction : chaque nouvelle pointe de demande devient un risque de rupture, parce que la seule réponse qu’on lui connaît est de produire davantage, jamais de répartir autrement. Concrètement, cela donne une production très centralisée, mono-technologie et un réseau linéaire ou dépendant de peu de sources : quand un nœud critique est surchargé, la défaillance se propage et des territoires entiers basculent dans le noir.

La vision visée n’est pas simplement de « produire plus d’énergie propre », mais de bâtir un réseau maillé, avec plusieurs chemins possibles à tous les niveaux : maison, bloc, village, région. Hydroélectricité, éolien, géothermie, solaire individuel et collectif, stockage, production distribuée, efficacité et flexibilité de la demande deviennent complémentaires. Le régénératif en énergie commence par la redondance.

Exemple d’approche inadéquate Annoncer 2 000 MW d’hydroélectricité de plus sans toucher au maillage du réseau : un verglas régional peut quand même priver des dizaines de municipalités d’électricité pendant des jours.

2. Mobilité

Un territoire, une zone habitée ou industrielle, qui dépend d’un seul mode de transport n’a pas de plan B : il a une seule façon de tomber en panne. C’est vrai à l’échelle d’une ville engorgée par l’automobile individuelle, d’une région où seule la voiture permet de se déplacer, et tout autant pour les marchandises.

La vision recherchée est un réseau multimodal combinant route, rail, transport collectif, mobilité active et voie maritime, avec des pôles d’échange qui permettent de changer de mode plutôt que de rester coincé dans un seul. En mobilité, la résilience consiste à diversifier les chemins possibles avant que le choc n’impose le choix à notre place.

Exemple d’approche inadéquate Un village sans ligne de bus locale, taxi ou covoiturage organisé : les habitants n’ont d’autre choix que de posséder une voiture, parfois plusieurs par famille.
Levier 2 — Mobilité : dépendance à un seul mode de transport comparée à un réseau multimodal.
Levier 3 — Logement et bâti : construction vulnérable comparée à un bâti adapté au climat réel.

3. Logement et bâti

On continue souvent à construire pour un climat qui n’existe déjà plus. Bâtiments vulnérables à la chaleur et aux pluies extrêmes, surfaces imperméables sans ombre, conduites d’eau et d’égouts sous-dimensionnées : chaque nouvelle construction non adaptée devient une dette d’adaptation reportée sur les prochaines années.

Bâtiments efficaces et ombragés, gestion intégrée de l’eau, réseaux correctement dimensionnés, fuites traquées et colmatées, sols vivants et perméables : voilà ce qui distingue un quartier capable de traverser un choc climatique d’un quartier qu’il faudra reconstruire deux fois. Le régénératif n’est pas une option esthétique ajoutée après coup.

Exemple d’approche inadéquate Annoncer 10 000 logements neufs sans norme de résilience climatique : une partie du parc à peine livré pourrait devoir être reconstruite après de futures inondations.

4. Alimentation et agriculture

Un territoire qui importe sa nourriture et dégrade ses sols en même temps perd sur les deux tableaux. Dépendance aux intrants importés, transformation éloignée et épuisement progressif des sols ne sont pas trois problèmes séparés : chaque maillon fragilise le suivant, et l’effet cumulatif finit par remonter jusqu’à l’assiette.

La vision repose sur des sols vivants, une transformation régionale et une chaîne diversifiée plutôt que sur une dépendance stratégique unique. Régénérer les sols, c’est régénérer la sécurité alimentaire et le capital naturel du territoire.

Exemple d’approche inadéquate Une aide aux producteurs qui demeure entièrement dépendante d’engrais et de semences importés : une rupture d’approvisionnement mondial peut couper la production locale malgré la terre disponible.
Levier 4 — Alimentation et agriculture : dépendance aux importations et sols épuisés comparés à un système alimentaire résilient.
Levier 5 — Industrie, consommation et matières : dépendance productive comparée à une capacité stratégique locale et circulaire.

5. Industrie, consommation et matières

Quand la capacité stratégique de produire est ailleurs, la souveraineté qu’on affiche n’est qu’une façade. Dépendre des chaînes mondiales pour ce qui est critique, tout en ne gardant localement que la fonction de consommer puis de jeter, c’est perdre la capacité d’agir précisément au moment où elle devient indispensable.

Le levier consiste à rapatrier la capacité de produire, réparer, réemployer et retransformer. Un territoire résilient conserve des échanges extérieurs, mais sans dépendance critique unique : c’est la différence entre échanger par choix et dépendre par défaut.

Exemple d’approche inadéquate Une stratégie de « batteries vertes » qui rapatrie l’assemblage mais garde 100 % des minéraux critiques importés d’un seul pays ou d’un très petit nombre de pays.

6. Finance et fiscalité

Neuf leviers, neuf mécanismes de financement dispersés et, trop souvent, aucune vue d’ensemble. Sans lecture transversale, l’argent de la transformation se disperse en silos budgétaires qui finissent par se concurrencer au lieu de se renforcer.

La comptabilité élargie de la valeur (CEV) sert ici de lentille transversale : elle permet d’évaluer les effets croisés, les interdépendances et ce que la comptabilité financière traditionnelle ne voit pas. Ce levier n’ajoute pas une nouvelle source de financement : il rend l’allocation des ressources plus cohérente.

Exemple d’approche inadéquate Un crédit d’impôt vert, un fonds d’électrification et une subvention agricole gérés par trois ministères sans tableau de bord commun permettant d’en voir le bénéfice collectif.
Levier 6 — Finance et fiscalité : financements dispersés comparés à une comptabilité élargie de la valeur.
Levier 7 — Communs, territoires et communautés : attente d’une réponse distante comparée à une capacité territoriale de résilience.

7. Communs, territoires et communautés

Un écosystème qui s’effondre ne prévient pas à l’avance. Réseaux d’eau défaillants, inondations, incendies, perte d’écosystèmes : ces risques frappent d’abord au niveau local, souvent bien avant qu’ils n’apparaissent dans les statistiques nationales.

Protéger le futur, ici, c’est renforcer la capacité des communautés et des territoires à connaître leurs risques, les prévenir, agir et se relever. Des communautés autonomes dans l’action, soutenues par l’expertise et les ressources de l’État : c’est l’équilibre recherché.

Exemple d’approche inadéquate Une municipalité inondée trois fois en cinq ans doit chaque fois attendre l’aide d’urgence du gouvernement plutôt que de disposer d’un fonds et d’un plan de résilience locaux.

8. Démocratie et participation

Un horizon électoral de quatre ans ne peut pas porter seul une transformation qui se joue sur cinquante ans. Silos institutionnels, faible agentivité citoyenne et manque de capacité systémique font que la démocratie gère surtout le présent, alors que les arbitrages concernent aussi l’avenir.

La vision est celle d’une démocratie du temps long, reposant sur la participation, la prospective, l’arbitrage et la continuité. Le vote reste indispensable, mais il doit être soutenu par des mécanismes capables de penser au-delà du prochain mandat.

Exemple d’approche inadéquate Un plan climatique à horizon 2050 adopté sans mécanisme institutionnel capable de survivre à un changement de gouvernement.
Levier 8 — Démocratie et participation : horizon électoral court comparé à une démocratie du temps long.
Levier 9 — État de droit, souveraineté et résilience : dépendance numérique critique comparée à une capacité d’État robuste et redondante.

9. État de droit, souveraineté et résilience

Un seul point de défaillance suffit à paralyser un État, surtout lorsqu’il dépend d’une infrastructure numérique étrangère. Points uniques de défaillance, dépendances numériques, continuité insuffisante et horizon court : ce levier porte sur la robustesse de l’État lui-même.

Protéger le futur commence par protéger la capacité de l’État à continuer de fonctionner quand tout le reste vacille : architecture redondante, maîtrise des infrastructures critiques, continuité des services et capacité institutionnelle durable.

Exemple d’approche inadéquate Les données de santé ou d’identité numérique du Québec hébergées chez un seul fournisseur infonuagique étranger, sans copie de secours sous juridiction québécoise.

Ce qui relie ces neuf leviers

Un système fragile concentre tout sur un seul chemin, dépend de manière excessive de l’extérieur ou reporte la dette sur son capital invisible. Un choc suffit alors à produire de grandes perturbations.

Un système résilient et régénératif distribue : plusieurs chemins, plusieurs sources et une capacité d’absorber le coup sans s’effondrer.

La question à poser devant chaque promesse n’est donc pas seulement « est-ce une bonne idée ? », mais : « qu’est-ce qui casse, dans cinq ou dix ans, si on continue comme ça — et cette mesure change-t-elle réellement le point de rupture ? »

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Expérience de prospective collective Élections USA 24

Expérience de prospective collective :
« Élections USA 24’ : une bifurcation ? »

Création de l’Institut d’Écohérence

La conscience collective en action

L’expérience de prospective collective de l’Institut d’Écohérence est ni plus ni moins l’équivalent d’un électroencéphalogramme, mais qui mesure les zones de tension du système sociétal plutôt que celles du cerveau humain.

L’Institut d’Écohérence croyait depuis quelques temps que l’élection américaine allait comporter les caractéristiques d’un point de bifurcation civilisationnel, soit une configuration où les équilibres mondiaux changent drastiquement sans retour en arrière, comme ce fût le cas suite aux événements survenus le 11 septembre 2001.

Nous avons donc décidé de créer une formule expérimentale de prospective collective, basée sur les perceptions face à certains enjeux de nos sociétés reliés à cette élection :

  • • à l’aide de 6 questions exploratoires (voir plus bas), et • en fonction des trois hypothèses de résultats possibles.

Le but de l’expérimentation est triple :

  • (i) formaliser ce qu’est un point de bifurcation
  • (ii) identifier les défis potentiels associés, et
  • (iii) voir un exemple tangible de manifestation de la conscience collective.

Merci aux 727 participants et participantes ! Grâce à cette contribution, cela nous offre une première base de données des perceptions concernant cette bifurcation.

La représentation graphique disponible sur le bouton plus bas présente ces résultats détaillés. Ils pourront servir de point de départ pour identifier et modéliser les défis significatifs de changements qui peuvent être associés à cette élection.

Prochaines étapes

Au prochain Info-Live de l’IÉ du 26 novembre prochain (s’inscrire ICI) nous discuterons plus en détails de l’utilité de ces données et de leur interprétation.

Vous serez ensuite conviés à participer à une nouvelle activité liée à cette modélisation, que nous tiendrons au début de décembre 2024.

Nous formaliserons alors les défis de changements que vous percevez comme étant les plus critiques à relever.

Les questions posées pour ce sondage

Pour récapitulation, voici les questions posées en lien avec les 3 hypothèses de résultats possibles

  • (i) Harris gagne l’élection,
  • (ii) Trump gagne l’élection, et
  • (iii) l’élection est au coude à coude (50%-50%):
  1. Selon vous, quelles seraient les principales conséquences sur l’économie et les conditions de vie quotidiennes dans votre scénario choisi ? 
  2. Comment pensez-vous que ce résultat pourrait affecter les relations internationales et les alliances géopolitiques des États-Unis ?
  3. En fonction du scénario choisi, quel rôle joueraient les médias sociaux dans la perception et la légitimité du résultat de l’élection ?
  4. Quelles pourraient être les remises en cause structurelles sur les institutions ( justice, législature, forces de l’ordre) générées par le contexte du scénario choisi?
  5. Selon vous, quelles seraient les principales conséquences sociétales du résultat de cette élection dans votre scénario choisi ?
  6. Comment estimez-vous l’impact de votre scénario choisi sur l’évolution future de la société des États-Unis ?

(Échelle de « 1 : faible » à « 10 : fort »)

Les résultats à télécharger ici

Dans quelques mois, nous pensons également qu’il sera utile de confronter la conscience collective à la réalité. 

Pour ne rien manquer, rejoignez notre communauté

Je rejoins le mouvement de l’Écohérence

Êtes-vous un créatif culturel ?

Ce profil sociologique découvert il y a 30 ans, transversal et indépendant des découpages sociaux habituels, poursuit sa croissance et pourrait représenter une majorité de la population en 2025.

Axé sur le progrès, la justice sociale et une vision responsable de l’avenir, il recèle une majorité active et silencieuse potentiellement porteuse des énergies d’évolutions démocratiques.

Faites le test!

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La Grande Métamorphose : comment la société se transforme, à l’image de l’eau qui gèle

La Grande Métamorphose : comment la société se transforme, à l’image de l’eau qui gèle

Création de l’Institut d’Écohérence

Article 100% humain, par Frédéric Gaurier

Imaginez la société comme un vaste océan. Aujourd’hui, cet océan subit une transformation profonde, comparable à la congélation de l’eau. Cette métaphore nous aide à comprendre les étapes cruciales du changement social en cours auquel chacun de nous contribue, où chaque goutte de cet océan est importante.

1. Le refroidissement social : les premiers frissons du changement

Tout comme l’eau qui refroidit avant de geler (plusieurs heures pour atteindre le zéro), notre société connaît une période de ralentissement. Les anciennes certitudes vacillent, les mouvements s’engourdissent. C’est le moment où les gens commencent à remettre en question le statu quo. Par exemple, la prise de conscience croissante des enjeux climatiques marque ce « refroidissement » de nos habitudes.

2. L’émergence des noyaux de changement : les pionniers de la transformation

Ensuite viennent les « noyaux de cristallisation » (1% de glace en quelques secondes). Dans notre société, ce sont les innovateurs, les lanceurs d’alerte, les entrepreneurs sociaux. Comme les premiers cristaux de glace, ils forment des îlots de changement. Pensez aux premières communautés « zéro déchet » ou aux pionniers de l’économie circulaire. Les créatifs culturels sont considérés comme des pionniers de la transformation. Faites le test au bas de l’article pour savoir si vous l’êtes.

3. La propagation du changement : l’effet Boule de Neige

Une fois les noyaux formés, le changement se propage rapidement (10% de glace en 1/100e du temps). Dans la société, cela se traduit par l’adoption massive de nouvelles idées ou pratiques. C’est l’équivalent social de la croissance rapide des cristaux de glace. L’explosion des modes de transport alternatifs dans nos villes illustre parfaitement cette phase.

4. La transition complète : vers une nouvelle normalité

Enfin, comme l’eau qui finit par se transformer entièrement en glace, la société atteint un nouveau stade. Les changements deviennent la norme. Imaginez un futur où la consommation responsable et l’économie circulaire seraient aussi naturelles que l’utilisation du smartphone aujourd’hui.

Quels enseignements supplémentaires pouvons-nous en tirer ?

La dynamique non linéaire du changement

Ce processus n’est pas linéaire. Il connaît des accélérations soudaines (les « bifurcations » ou des points de bascule), des périodes de stabilité apparentes suivies de bouleversements rapides. Pensez à l’adoption fulgurante du télétravail suite à la pandémie de COVID-19 : un changement qui couvait depuis des années s’est concrétisé en quelques semaines.

Les défis de la transformation

Comme la congélation de l’eau qui peut créer des tensions dans la matière, cette métamorphose sociétale engendre des résistances et des conflits. Certains groupes s’accrochent aux anciennes pratiques, créant des « poches de résistance » comparables aux bulles d’air dans la glace.

Conclusion : naviguer dans le changement

Comprendre cette dynamique nous permet de mieux naviguer dans ces eaux en transformation. En reconnaissant les étapes du processus, nous pouvons anticiper les changements, soutenir les innovations positives et nous adapter plus efficacement à notre monde en mutation.

Alors que notre « océan social » se transforme, chacun de nous a un rôle à jouer dans la forme que prendra cette nouvelle « glace sociétale ». En étant conscients de ce processus, nous pouvons contribuer activement à façonner un avenir autodéterminé, et plus durable pour nos enfants.

Êtes-vous un créatif culturel ?

Ce profil sociologique découvert il y a 30 ans, transversal et indépendant des découpages sociaux habituels, poursuit sa croissance et pourrait représenter une majorité de la population en 2025.

Axé sur le progrès, la justice sociale et une vision responsable de l’avenir, il recèle une majorité active et silencieuse potentiellement porteuse des énergies d’évolutions démocratiques.

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Comprendre en toute conscience le processus d’évolution

Comprendre en toute conscience le processus d’évolution

Création de l’Institut d’Écohérence

Article 100% humain rédigé par Frédéric Gaurier

Dans un monde en constante évolution et au futur incertain, s’adapter et acquérir de nouvelles compétences est devenu crucial, tant sur plan individuel que collectif. Cette synthèse issue d’expérience et expertise en conduite du changement, offre un cadre pour comprendre en toute conscience ce processus d’évolution. Examinons chaque étape et voyons comment elles pourraient s’appliquent à la vie quotidienne.

1. S’informer : l’éveil par la connaissance

La première étape consiste à combattre l’ignorance en s’informant.

Par exemple, une personne souhaitant adopter un mode de vie plus écologique pourrait commencer par se renseigner sur l’impact environnemental de ses habitudes quotidiennes, via une « Fresque du Climat », par exemple, un « Atelier 2 Tonnes » ou les publications de l’Institut d’Écohérence.

2. Apprendre : vers la maturité

Cette étape vise à surmonter le déni en apprenant activement.

Notre créatif culturel en herbe pourrait suivre un cours en ligne sur le développement durable, confrontant ainsi ses idées préconçues à des faits scientifiques.

Sur le plan collectif, si on est un groupe de prospective qui souhaite autodéterminer le futur de son industrie, par exemple, il s’agit de réunir autour d’un défi majeur à résoudre.

3. Analyser : l’autonomie par le questionnement

Ici, on remet en question ses croyances par l’analyse.

Notre protagoniste pourrait examiner ses habitudes de consommation, remettant en question la nécessité de certains achats.

De son côté, notre groupe de prospective pourrait, à ce stade, explorer les forces les plus influentes et leurs interactions avec le défi choisi.

4. Comprendre : le libre-arbitre éclairé

Cette phase combat le refus en favorisant une compréhension profonde.

La personne réalise que ses choix quotidiens ont un impact réel sur l’environnement, l’incitant à envisager des changements.

Le groupe, lui, va passer en revue de manière continue les événements en rapport avec le défi et pondérer leur influence sur les forces modélisées, afin de mieux en comprendre la dynamique.

5. Accepter : L’adhésion au changement

L’étape d’acceptation permet de surmonter la résistance interne.

Notre sympathisant en écologie va par exemple accepter que des changements dans son mode de vie sont nécessaires et bénéfiques à long terme.

De son côté notre groupe va observer et prendre conscience de la dynamique des événements et va pouvoir identifier et justifier les forces prioritaires vers lesquelles les solutions techniques ou sociales devraient s’orienter. (résistances à combattre ou sujets favorables à promouvoir).

6. Intégrer : sortir de sa zone de confort

Ici, on intègre de nouvelles idées, défiant sa zone de confort.

La personne pourrait commencer à envisager sérieusement l’utilisation de transports en commun plutôt que sa voiture.

Le groupe va continuer à comprendre les dynamiques influant sur son défi et communiquer largement sur les enjeux et les évolutions à mettre en oeuvre, en faisant primer l’utilité de la filière dans un objectif, par exemple, d’une économie compatible avec l’écologie et du bien-être collectif.

7. Décider : le passage à l’action

Cette étape cruciale combat l’inaction par la prise de décision.

Notre protagoniste décide concrètement de réduire son utilisation de plastique et de privilégier les produits locaux.

Le groupe maintenant mûr et convaincu, va pourvoir sensibiliser les acteurs de terrain qui portents les solutions dans sa filière. dans une logique de ce qui est le plus « utile ».

8. Agir individuellement : les petits gestes qui comptent

On combat l’anxiété par des actions individuelles.

La personne commence à apporter ses propres sacs pour faire ses courses et à utiliser une gourde réutilisable.

Pour un groupe, celui-ci va interagir avec les porteurs de solutions pour s’assurer que la configuration des nouvelles pratiques est bien en accord avec le futur souhaité, l’utilité visée.

9. Agir collectivement : la force du groupe

Cette phase surmonte la peur de l’échec en agissant collectivement.

Notre personne, convaincue désormais, pourrait rejoindre une association locale, par exemple de nettoyage des plages, amplifiant ainsi son impact. Une autre option serait d’entrer dans un groupe qui démarre à l’étape 2 et contribuer à franchir les étapes ci-dessus de manière collective.

Le groupe, de son côté, va témoigner de ses trouvailles et entraîner dans son sillage d’autres personnes, en mettant en ligne pour le public l’analyse détaillée et non biaisée de son défi et l’explication des forces prioritaires à l’oeuvre. La confiance dans les résultats emmène directement les observateurs à l’étape 3, 4 ou 5 ci-dessus, à titre personnel.

10. Agir systémiquement : vers une solution durable

La dernière étape vise à résoudre durablement le problème en agissant au niveau systémique.

Cela pourrait se traduire par un engagement public ou la création d’une initiative communautaire pour promouvoir des pratiques durables à grande échelle. A ce stade le cycle individuel et le cycle du groupe se rejoignent.

On pourrait schématiser le cheminement comme celui d’une spirale double, où le cheminement individuel permet de progresser vers l’action pertinente (la pointe) et va se démultiplier de manière collective et exponentielle (la spirale du haut, sans fin…)

Source : spirale de Pappus, annotée

Pour conclure

Ce cycle de déconstruction/reconstruction offre un cadre pour aborder les défis hypercomplexes de notre époque, qu’il s’agisse de changements personnels ou de problématiques sociétales plus larges.

En prenant conscience de ces étapes, chacun et chaque groupe peut contribuer à créer un changement positif et durable, transformant ainsi les défis en futur choisi et autodéterminé collectivement. Des exemples de succès existent (modélisation d’économie de filières en 2005, économies territoriales en 2015, une nation autochtone de 8.000 personnes au Québec en 2022, un groupe de communes de 14.000 habitants en France en 2023..)

En résumé. chacun peut contribuer à l’intelligence collective, qui, formalisée, devient la conscience collective, qui à son tour peut être utilisée pour choisir ensemble le futur que nous souhaitons : c’est la sagesse collective. L’approche est prônée par l’institut d’Écohérence et elle est plus que prometteuse : elle est UTILE et nécessaire.

Chaque geste compte, chaque personne est importante. Avec 3,5% de la population Québécoise qui serait active, l’ensemble de la province peut se métamorphoser : en serez-vous ? Si vous êtes un créatif culturel joignez-vous à nous (faites le test plus bas)!

sources : – Courbe du deuil – Théorie du changement organisationnel – Sociologie et changement collectifs – Approche de l’Institut d’Écohérence (www.ecoherence.net)

Êtes-vous un créatif culturel ?

Ce profil sociologique découvert il y a 30 ans, transversal et indépendant des découpages sociaux habituels, poursuit sa croissance et pourrait représenter une majorité de la population en 2025.

Axé sur le progrès, la justice sociale et une vision responsable de l’avenir, il recèle une majorité active et silencieuse potentiellement porteuse des énergies d’évolutions démocratiques.

Faites le test!

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Les résultats mitigés de la COP 28, il fallait s’y attendre!

 

Les résumés des discussions qui ont lieu à la COP 28, montrent à quel point les sociétés humaines sont en danger. On y voit en plein jour les organisations pétrolières qui essayent d’éviter, en faisant beaucoup de pressions, que soit officialisée la réduction du recours aux énergies fossiles comme solution au problème du réchauffement planétaire.

De la même façon, le public a été trompé pendant 40 ans par des démonstrations que la cigarette ne causait pas le cancer, ou depuis 50 ans, que le glyphosate ne cause pas le cancer des humains et des sols.

Et ces manipulations de l’opinion publique sont faite, malgré toutes les preuves et études scientifiques qui s’accumulent pendant des dizaines d’années.

Pendant ce temps, au Canada, on décide d’exiger une diminution des CO2 d’extraction du pétrole, mais pas de diminuer l’extraction du pétrole lui-même. Encore prisonnier d’un système de pensée obsolète, on agit pour améliorer, mais pas pour évoluer.

C’est triste, mais ces comportements sont parfaitement logiques dans les paradigmes actuels.

En effet, dans une économie mondiale construite sur l’hypothèse que la seule fonction des entreprises est de faire des profits, leurs fonctions de « rendre des services » ou de « prendre des responsabilités » passent en second plan.

Notre problème n’est pas le comportement des entreprises, des sociétés ou des citoyens. Non! Notre problème est la configuration de l’économie mondiale centrée sur la réalisation de profits en priorité sur tout le reste.

Rien ne changera, et nous continuerons à accélérer vers la catastrophe tant que nous resterons sur ce paradigme :

·         Lancé par Milton Friedman (années 70)

·         Consolidé par le couple Thatcher/Reagan (années 80)

·         Mondialisé par les bons soins de l’OMC (années 90 et plus)

·         Intensément protégé par les géants financiers, industriels et commerciaux qui en profitent.

La poursuite de la richesse à n’importe quel coût nous mène directement à un effondrement de la civilisation comme démontré par Jared Diamond dans Effondrement, son excellent livre.

Alors, quoi?

Lorsqu’on veut ralentir, la première chose à faire c’est d’enlever notre pied sur l’accélérateur.

La première chose à faire est donc de neutraliser la cause racine principale de notre situation critique. Il faut changer le cadre des responsabilités des entreprises vers une utilité et le bien-être des humains avant le profit et neutraliser les parties néfastes des ententes de l’OMC qui nous empêchent de prendre ce virage.

LE DÉFI CENTRAL n’est pas social, ou géopolitique, il EST ÉCONOMIQUE.

Il est extrêmement urgent de transformer notre économie de « Croissance & Compétition » en économie de « Consolidation & Collaboration ». Et ce n’est pas à la COP 28 que ça va se faire.

Il faut exiger de nos gouvernements d’arrêter de viser la croissance pour plutôt viser la consolidation de nos acquis.

On doit cesser d’innover pour ajouter, pour plutôt innover pour protéger!

C’est tout un changement de direction et de cadre de référence!

 

 

Création de l’Institut d’Écohérence

Création de l’Institut d’Écohérence

Création de l’Institut d’Écohérence

Je travaille depuis plus de 20 ans à préparer une manière d’aborder l’immense défi de métamorphose économique auquel nous serons très bientôt confrontés. Pour comprendre comment faire, il a fallu trouver et formaliser le système complexe qui régule les systèmes sociaux. Cela s’imposait puisque l’ampleur des changements à faire nécessite de transformer le cadre de référence économique à la base du système de régulation de la société.

Les systèmes de régulation, bien qu’intangibles, contiennent l’ensemble des infrastructures de sens qui permettent aux sociétés contemporaines de s’autoréguler et de s’autodéterminer. Les infrastructures physiques supportent l’action tandis les infrastructures de sens encadrent la décision de changer. Ces infrastructures de sens sont des éléments perceptuels collectifs qui composent les cadres de référence nous permettant de prendre des décisions. Nous les nommons cadres de référence décisionnels.

Maintenant que nous avons formalisé le système de régulation, il faut l’instrumenter. Pour ce faire, il faut déployer un réseau de cellules composée d’acteurs de changement afin de cartographier collectivement les défis de changement critiques. Il faut également rendre ces informations accessibles à l’ensemble des citoyens. Actuellement, les informations sur l’état physique de nos sociétés sont communiquées par les services de nouvelles des médias. De la même manière, les informations sur les dynamiques des changements critiques doivent, elles aussi, pouvoir être communiquées aux individus.

Savoir ce qui change, c’est intéressant. Savoir ce qui est inefficace ou incohérent, c’est important. Savoir ce qui doit être changé, c’est essentiel et urgent, voire critique et même vital pour nous tous étant donné les problématiques sociétales d’aujourd’hui.

Le but de la création de l’Institut d’Écohérence est de catalyser le déploiement d’un nouveau réseau qui produira des informations dynamiques qui sont critiques pour éviter le chaos pendant la métamorphose économique de nos sociétés occidentales.

Qu’est-ce que l’Écohérence?

L’Écohérence, c’est surtout le fait de rendre une économie cohérente avec l’écologie de la planète. Nous considérons que le défi global auquel nous sommes confrontés est fondamentalement un problème de configuration économique. C’est par là qu’il faut commencer les changements puisque l’économie est omniprésente dans le fonctionnement de toutes les infrastructures sociétales.

Pourquoi l’Écohérence?

Les humains et les sociétés ne sont pas mauvais en soi, ils n’ont pas comme dessein de détruire la biosphère. La configuration économique actuelle a été conçue exclusivement pour favoriser la croissance, et cela malheureusement, au prix de la résilience et de la pérennité de nos sociétés. Par conséquent, cette configuration économique se doit d’être transformée afin de mieux répondre aux défis contemporains de nos sociétés.

Pour sauver l’avenir de nos enfants, il faudra changer notre configuration économique, dépendante d’une croissance sans fin et qui ne tient pas compte des limites pourtant bien réelles des ressources de notre planète.

Pourquoi un Institut d’Écohérence?

Modifier la configuration de l’économie est un problème hypercomplexe. Il ne peut pas être résolu simplement par une optimisation du système; il faut plus, une transformation majeure est nécessaire. L’ampleur de cette transformation exige que l’on change de paradigme. Cela ne pourra être fait pacifiquement que s’il y a de la collaboration et une sérieuse implication collective.

Les sociétés sont devenues hypercomplexes. De plus, il faut prendre en considération l’absolue imprédictibilité de nos contextes. Cela représente un danger réel à ne pas négliger dans notre volonté de transformer nos sociétés sans heurts majeurs. Nous nous devons de constater les limites de nos outils actuels et d’adopter de nouvelles approches.

« Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée
que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés. » Albert Einstein

Dans cette optique, nous estimons que la transformation de la configuration de notre système économique repose sur la constitution d’un chantier global. Dans un premier temps, il faudra identifier tout ce qui ne fonctionne pas dans la société actuelle. C’est-à-dire qu’il faut comprendre et formaliser les caractéristiques de la configuration économique actuelle qui sont perçues comme étant à l’origine de notre inefficience chronique et de notre immense surconsommation de ressources.

C’est pourquoi nous lançons l’Institut d’Écohérence.

La fonction de l’institut

L’Institut d’Écohérence est une organisation qui travaillera à développer et à diffuser toutes les connaissances et les méthodes nécessaires afin de rendre possible une collaboration à grande échelle des Québécois.

Un travail collectif et collaboratif aux objectifs suivants :

  • Identifier ce qui ne fonctionne pas actuellement dans notre système sociétal

  • Identifier les défis de transformation les plus critiques

  • Mettre en place une cartographie des défis afin que tous puissent en comprendre les tenants et les aboutissants

  • Déployer une plateforme collaborative de surveillance des événements et de pondération de leurs impacts sur la criticité des défis à relever

Sous l’égide de cet Institut d’Écohérence, nous lancerons une Communauté d’Écohérence. Celle-ci regroupera toutes les personnes désirant participer au nouveau réseau de senseurs sociétaux. Ce réseau sera déployé pour modéliser et suivre les dynamiques de changement les plus critiques.

Par exemple, les adhérents à la Communauté d’Écohérence pourront participer à un premier défi, soit celui de trouver comment nous préparer à faire face à une chute brutale prochaine des importations et des exportations. En effet, la probabilité que cet événement se produise est devenue suffisamment grande pour l’identifier comme défi de changement critique. Aussi, comment faire face à cette chute et à ses impacts devrait être considéré le plus rapidement possible.

Si vous désirez savoir pourquoi nous arrivons à cette conclusion drastique, nous vous invitons à visionner cette présentation d’une durée de 45 minutes : Yves Lusignan: Conférence – L’inévitable démondialisation – 19/09/2023

Désirez-vous participer à l’une de ces premières cellules de prospective collaborative?
Alors, devenez membre de la Communauté d’Écohérence !

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Yves Lusignan: Conférence – L’inévitable démondialisation

Yves Lusignan: Conférence – L’inévitable démondialisation

Changements rapides en vue! La mondialisation de notre économie, axée sur le juste-à-temps pour maximiser les profits, est désormais dépassée face aux turbulences économiques, climatiques, géopolitiques et humanitaires.

Découvrez dans cette vidéo pourquoi une bifurcation économique mondiale est imminente et comment renforcer la résilience face à ces défis sans précédent.

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La métamorphose des perceptions

La métamorphose des perceptions

La métamorphose des perceptions

Dans mes deux derniers billets, j’ai abordé la métamorphose de la transformation de la matière par l’émergence de l’économie circulaire et la métamorphose de la transformation des connaissances par l’émergence de la complexité. Dans ce billet-ci, j’aborde la métamorphose de notre perception de la réalité qui devrait être celle qui déclenchera la métamorphose de la société elle-même.

La prise de conscience mondiale du fait que « les systèmes économique et politique (la gouvernance) qui nous ont menés si loin dans le développement de l’humanité ne fonctionnent plus » est de plus en plus répandue. Pour la suite, il faut en inventer d’autres! Le néolibéralisme, qui est la quintessence du capitalisme, est en train de débalancer la biosphère, et nous avec!

Il faut inventer un système socio-économique ajusté à la complexité de la société, un système de gouvernance qui soit adapté à une société toujours plus complexe. La perspective cartésienne n’est plus suffisante. Sous son giron, la démocratie est en train d’être avalée par l’économie.

L’humanité est en train de perdre confiance dans ses systèmes de gouvernance et il en résulte une prise de conscience mondiale du danger de la situation. L’humain, qui croyait pouvoir se permettre d’être irresponsable puisque le système de gouvernance l’était pour lui, est en train de prendre conscience de son erreur. La gouvernance n’est pas responsable pour lui, en fait elle est en train de devenir complètement irresponsable.

En effet, le rapport de force penche de plus en plus vers l’économie, au détriment de la démocratie, de l’équité et bien sûr, de la biosphère. L’emballement de l’économie met maintenant à risque l’avenir de nos enfants. Mais maintenant, l’humanité s’éveille rapidement à ces faits.

Le retour du discours responsable

Dans un tel contexte, ce qui devait arriver arrive, les humains sont en train de redevenir responsables des choix à faire pour assurer leur avenir. La multiplication des ONG et des mouvements comme ceux des créatifs culturels, des localistes, des colibris, etc., en font bien foi. Selon Paul H. Ray, l’homme qui a découvert les créatifs culturels il y a une vingtaine d’années, ils étaient 35 % de la population en Amérique en 2008. C’est 88 millions de personnes, seulement aux États-Unis, qui ont décidé de prendre leurs responsabilités et de changer leur mode de vie pour l’ajuster à la réalité.

Vers un changement de paradigme

Le pourcentage de personnes qui se sentent responsables des choix qui sont faits pour l’avenir est donc en croissance. En fait il grandirait de 3 % par année selon les travaux de M. Ray ce qui implique qu’il deviendrait majoritaire autour de 2023.

On peut donc vraisemblablement s’attendre à une accélération de l’augmentation des pressions sociales qui s’exerceront sur la société pour que les responsabilités soient assumées par le système et que soit vraiment pris le virage vers l’économie et le développement durables.

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